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Questions/réponses

 

Je ne parle pas breton : est-ce que je peux quand même inscrire mon enfant dans un cursus bilingue ?

Il n’est pas nécessaire d’être soi-même brittophone pour pouvoir inscrire son enfant en filière bilingue.
En réalité, aujourd’hui la très grande majorité des parents dont les enfants fréquentent les filières bilingues ne parlent pas breton. Les enfants deviennent facilement bilingues même si à la maison on ne parle qu’une langue.

 

 

 

Deux langues pour mon enfant, ce n’est pas trop à son âge ?

De nombreux préjugés ont longtemps circulé en France à propos du multilinguisme ce qui explique un certain retard dans ce domaine comparé aux autres pays européens.
L’un des préjugés les plus répandus consistait à s’inquiéter pour l’enfant qui serait littéralement surchargé par la coexistence de 2 langues dans son cerveau tant et si bien qu’à la fin, tout se mélangerait dans sa tête.

En fait, 30 ans d’expérience de bilinguisme en Bretagne et ailleurs (Québec, Pays de Galles…) ont prouvé que c’était exactement le contraire.
Aujourd’hui, plus encore que ces expériences fructueuses, les progrès de la neurologie et de l’imagerie médicale démontrent que le bilinguisme précoce loin d’embrouiller les esprits favorise bien au contraire l’épanouissement.

“Chez les jeunes enfants, il y a énormément de neurones et les connections se font donc beaucoup plus facilement que chez l’adulte. Tous les neurones qui ne sont pas utilisés chez l’enfant finissent par disparaître. On a donc tout intérêt à exploiter les facultés du cerveau plutôt que de prétendre que ce serait une surcharge.” (Nathalie Richard, ortophoniste)

Les évaluations des Inspections Académiques ont montré que les enfants bilingues ont à l’issue du CM2 au minimum la même compétence en français que les enfants ayant suivi un cursus exclusivement en français.

 

Et pourquoi pas l’anglais plutôt que le breton ?

D’abord bien sûr parce que l’on est en Bretagne, que le breton est une langue à part entière, qui fait partie du patrimoine de l’humanité, et qu’il est de notre responsabilité d’agir pour qu’elle puisse continuer à s’épanouir en étant transmises aux générations futures.
Mais aussi parce que les linguistes ont démontré que le bilinguisme ne peut fonctionner que s’il s’enracine dans le vécu des enfants. Il faut partir des langues proches du cœur. Une fois acquis les réflexes de passage naturel d’une langue à l’autre, l’enfant pourra beaucoup plus facilement apprendre d’autres langues car plus l’on connaît de langues, plus il est possible d’en apprendre de nouvelles
Par exemple le système phonologique du breton est plus riche que celui du français. Les enfants pourront donc apprendre à prononcer en breton des sons qui n’existent pas en français et qu’ils vont retrouver dans d’autres langues comme l’allemand, l’anglais ou l’espagnol.
La langue bretonne est aussi, dans certaines familles, un moyen d’enrichir les relations intergénérationnelles. Nombre de grands-parents sont heureux de pouvoir parler breton avec des jeunes et très jeunes...

 

Quel est l’intérêt de mettre mon enfant en classe bilingue multi niveaux ?

En raison de leurs effectifs, les classes bilingues sont le plus souvent des classes à multi niveaux, généralement par regroupement selon les cycles d’apprentissage : cycle 1 (PS1, PS2 et MS), cycle 2 (GS, CP et CE1) et cycle 3 (CE2, CM1 et CM2).

Cette organisation peut légitimement inquiéter les parents mais elle présente en réalité de nombreux avantages :

- Du point de vue psycho-affectif, les classes multi niveaux favorisent le gain d’autonomie de la part des élèves les plus jeunes (nécessité de pouvoir travailler sans les consignes permanentes d’un adulte) et atténue le ressenti négatif de leur travail et d’eux-mêmes pour les élèves « en difficulté », du fait de la multiplicité des niveaux et, par conséquent, des supports d’apprentissage utilisés “normalement” dans la classe.

- Du point de vue social, les classes à plusieurs niveaux suppriment une grande partie des “rivalités scolaires” entre élèves (compétition), incitent à la coopération entre les élèves (groupes hétérogènes) et offrent une éducation permanente à la différence (les grands apprennent à respecter les plus jeunes, les jeunes profitent de l'expérience des anciens, ils travaillent et jouent ensemble...). C’est également une source de dynamisme pour le groupe (les plus jeunes sont souvent impatients d'accéder au savoir des grands)

- Du point de vue des apprentissages, les élèves “les plus forts” avancent sans limite supérieure et sans être retardés par une gestion des cours pour la “moyenne” de la classe et les élèves “en difficultés” peuvent réviser les notions qui leur posent des difficultés sans “ralentir” le reste de la classe. Le fait que les plus grands reformulent et expliquent aux plus petits les aide eux aussi à mieux maîtriser les savoirs (consolidation des acquis).

 

Mon enfant est déjà scolarisé en filière monolingue, jusqu’à quelle classe peut-il intégrer la filière bilingue ?

Plus un enfant fréquentera tôt la filière bilingue, plus son intégration et son rapport à la langue bretonne seront optimisés.
Si toutefois vous n’avez pu faire ce choix pour votre enfant dès la petite section, il est possible d’inscrire un enfant en filière bilingue à l’école publique de Lestonan en moyenne et même en grande section. Nous vous invitons à en parler avec l’équipe pédagogique. La motivation de l’enfant ou des familles est un élément important qui peut aider à rattraper le temps perdu.

 

Et la langue vivante étrangère ?

La langue vivante étrangère dans les classes bilingues breton-français est enseignée en école primaire dans les mêmes conditions que dans les classes traditionnelles.

 

 

 

Comment se fait la liaison entre l’enseignement bilingue et l’enseignement monolingue si mon enfant est amené à rejoindre le système monolingue par la suite ?

Il n’y a pas de problème, les programmes d’enseignement de la filière bilingue publique sont ceux de l’Education Nationale. Les services du Rectorat veillent d’ailleurs scrupuleusement à ce que les enfants bilingues aient le même niveau en français que les enfants qui sont dans l’enseignement monolingue francophone.